• Marion

Génération : Un film 100% ardennais



Parlons bien, parlons film ardennais !

J’ai eu la chance de pouvoir visionner en avant avant-première Génération, le court métrage réalisé par Nassim Ifourah, un ardennais de 28 ans pour qui la vidéo est une passion ! Je vous laisse tout de suite découvrir Nassim et son film :


J’ai grâce à toi pu découvrir avant tout le monde ton film mais avant tout, j’aimerais savoir d’où te viens ce goût pour la vidéo ?

Bizarrement c’est comme si ça avait toujours été là, plus jeune quand on partait en vacances avec ma famille je trouvais toujours le moyen d’emprunter une caméra pour faire un film de nos vacances. Plus tard avec mes potes j’ai commencé à réfléchir à de vrais scénari, à mettre en scène un peu plus mes vidéos pour en faire des films.


Donc ce n’est pas ton premier film en tant que réalisateur ?

Si ! C’est mon tout premier film en tant que réalisateur. Réalisateur c’est un vrai métier, il faut un savoir faire, il y a des techniques bien particulières et avant l’année dernière je n’étais pas diplômé donc je ne pouvais pas prétendre à ce titre. J’attache beaucoup d’importance à ce qu’on puisse faire la différence entre ce que je faisais avant en tant qu’amateur et ce que je fais aujourd’hui en tant que professionnel.


Tu es diplômé au CFPJ de Paris en tant que Journaliste Reporter d’Images, pourquoi tu as décidé de revenir dans les Ardennes ?

Ça n’a pas toujours été facile pour moi dans les Ardennes, je n’ai pas suivi les études que j’aurais voulu faire, j’ai fait un métier qui ne me plaisait pas pour pouvoir vivre mais je sais d’où je viens et finalement je dois beaucoup aux Ardennes, aux gens que j’ai pu rencontrer et qui m’ont aidé. Si j’ai pu faire cette formation de journaliste et améliorer mes connaissances en audiovisuel c’est parce qu’un jour Fugi FM, la radio locale de la pointe des Ardennes a su me donner ma chance, me faire confiance en m’offrant un poste d’animateur programmateur. Alors oui j’ai fait le choix de revenir dans les Ardennes alors qu’on me proposait de très bons postes dans des médias prestigieux parce que je veux transmettre la culture de la vidéo et du film aux jeunes ardennais. Et puis je veux aussi montrer aux jeunes qu’il y a de l’espoir, quand on est passionné et qu’on se bat pour réussir, on réussi ! Je n’ai pas réussi à avoir un BEP « tout naze » mais j’ai réussi à avoir un diplôme équivalent Bac+3/Bac+4, alors FAITES CE QUE VOUS AIMEZ !

Parlons de ton film, je viens tout juste de le voir et on ressent vraiment l’influence du format journalistique dans le cadrage, pourquoi tu as fais ce choix ?

L’idée c’est d’adapter le format reportage au cinéma, il y a pas mal de plans qu’on n’a pas l’habitude de voir dans les films, je voulais quelque chose de différent, de nouveau, original et qui me ressemble. Le but c’est aussi de présenter un film qui soit très proches des gens, sans barrières, sans exagérations et sans édulcorants. C’est d’ailleurs pour ça que le film a été tourné en improvisation. Les acteurs avaient une trame mais pas de texte, ce qui permet d’avoir des dialogues plus réels. Tout ce mélange créé de l’émotion, de la surprise, parfois des moments un peu gênants qui plongent le spectateur au cœur du film.


D’ailleurs les acteurs, qui ils sont ? Tu as fait un casting ?

Les acteurs sont tous ardennais, il n’y a pas vraiment eu de casting, j’avais quelques noms en tête ou quelques idées pour les rôles mais pas de casting officiel. Surtout que c’était une grande première pour la majorité des acteurs, certains ne connaissaient pas du tout le milieu du cinéma, d’autres un petit peu. Ce film c’était aussi l’occasion de pouvoir rassembler sur un plateau de tournage des gens de milieux tout à fait différents qui ne se seraient sans doute jamais côtoyés et qui grâce à cette expérience sont devenu proches.


Combien de temps vous avez tourné ?

Si on compte en jours, alors on a tourné pendant 30 jours mais en réalité on a commencé le 24 décembre et on a terminé en mars. C’est un film qui a été tourné et réalisé sans aucun budget alors ça a demandé beaucoup de temps et d’investissement de la part des acteurs.


Il parait qu’il t’est arrivé de refusé de tourner certains jours parce qu’il faisait trop beau, plutôt étrange non ?

Pas tant que ça, dans ce film chaque scène était calculée, c’est un film plutôt noir, un polar inspiré des films des années 80 alors l’hiver était la saison idéale et effectivement je ne pouvais pas me permettre d’avoir des scènes tournées en plein soleil.


Justement, quelles sont tes inspirations ?

Ce que je voulais mettre en avant ici c’était le côté bandit au grand cœur qu’on ne voit plus aujourd’hui, que ce soit au cinéma ou dans la vraie vie. Ok c’était des gangsters mais ils avaient des principes et des valeurs. Sinon j’aime beaucoup les films américains, Tarantino, Spielberg.. Et puis dans ce film il y a aussi beaucoup d’inspiration d’expériences vécues.

Le titre, Génération, il vient de cette idée de confrontation entre les bandits d’hier et d’aujourd’hui ?

Génération c’est beaucoup de choses à la fois. Oui il y a cette idée de confrontation mais il y a aussi l’idée d’un film universel, pour tout le monde, auquel chacun peut s’identifier quelque soit son âge, sa profession, sa religion… D’ailleurs si le film est tourné dans les Ardennes il ne parle en aucun cas de problèmes liés aux Ardennes, il parle de problèmes sociétaux d’envergure nationale voire internationale, dont aucune stigmatisation, d’ailleurs à l'écran on ne reconnaît même pas la ville où ça a été tourné.


Où est-ce qu’on va pouvoir voir le film ?

Il va y avoir une projection au cinéma Le Manège de Givet, pour l’instant dans les Ardennes c’est tout, ensuite le film sera présenté dans plusieurs festivals de courts-métrages.


Et après ce film tu as d’autres projets ?

J’ai un projet particulier en tête, je ne peux pas en dire plus mais je peux vous confier que c’est un projet qui mettra tout à fait en valeur les Ardennes !



Synopsis :

Karim vient de purger une grosse peine de prison. A sa sortie, il souhaite recommencer sa vie à zéro. Trouver un travail, avoir une situation stable mais surtout revoir sa fille. C’est sa raison de vivre, sans cesse il pense à elle, le cœur plein de regrets, il va tout faire pour renouer les liens avec sa fille. Malheureusement, il va rapidement comprendre que la vie en société est bien loin de celle qu’il a pu vivre dans le milieu carcéral. Durant son aventure, Karim va rencontrer des personnes qui vont changer ses ambitions de redevenir quelqu’un de «normal».


Ma critique du film :

Génération est un court-métrage que je placerais personnellement dans la catégorie des films d’auteurs en ce qu’il reflète un style tout à fait inhabituel, novateur et singulier. Un film qui provoque la déstabilisation du spectateur, tour à tour gênant, angoissant, émouvant ou surprenant. Un cocktail d’émotions en seulement 27 minutes !

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